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Un vaste plan de psychiatrisation de la population
Le gouvernement envisage de faire voter une loi qui facilitera grandement les internements en psychiatrie et qui va instaurer une obligation de traitements psychiatriques en dehors des hôpitaux. Le projet a déjà été validé en Conseil des Ministres et devrait être discuté à l’Assemblée, peut-être cet automne.
Soyons clair : sous couvert de favoriser « l’accès aux soins psychiatriques » pour le plus grand nombre, il s’agit là de rien de moins qu’un vaste plan de psychiatrisation de la population. Le fait que les soins en question sont imaginaires et que la psychiatrie ne fait que traiter des symptômes à coups de camisole chimique est totalement occulté. C’est pourtant une évidence. Mais la détermination à placer de plus en plus de citoyens entre les mains de la psychiatrie est forte, pour le plus grand profit des laboratoires et de quelques psychiatres.
Cette loi, si elle est votée, sera une loi d’irresponsabilité, et cela pour au moins deux raisons.
La première, c’est que vouloir psychiatriser à tout crin est une manière pour un gouvernement de se défausser du problème de la violence et de la délinquance. Faute de solution véritable, le gouvernement est tenté de se tourner vers une pseudo-solution qui est la psychiatrie. Il est confortable de considérer que la médecine, et la psychiatrie en particulier, sont à même de résoudre les questions de délinquance. Ce serait confortable mais c’est totalement faux et c’est presque le contraire. Le nombre de crimes commis par des personnes tout juste sorties de psychiatrie ou sous traitement psychiatrique montre clairement que ce n’est pas la solution. On attend autre chose de la part d’un gouvernement responsable que cette orientation psychiatrique aussi inefficace que destructrice.
C’est ensuite irresponsable, parce qu’au nom de la lutte contre la violence, on met en place une loi qui peut mettre en danger les libertés de chaque citoyen de ce pays. Ce projet de loi est un projet de psychiatrisation tous azimuts. Il ne faudrait pas cependant qu’au nom de la sécurité publique, on prive l’ensemble des citoyens de leurs libertés fondamentales. C’est en l’occurrence le cas. Un psychiatre seul pourra décider de faire enfermer n’importe qui, sans autre forme de procès. Les contrôles pour éviter les abus sont quasi inexistants. Quant aux sanctions, il n’en est même pas question. Voilà un outil formidable pour un régime totalitaire. Même si la France n’en est pas là, l’outil sera en place, et Dieu seul sait de quoi sera fait le futur.
Fausse solution, mise en danger des libertés de chacun, il est aujourd’hui nécessaire que ce projet soit abandonné ou fortement amendé. Le gouvernement est en droit de prendre en main les questions de sécurité, c’est son boulot, mais il doit le faire dans un esprit de responsabilité. Des solutions existent. La Colombie a réduit sa criminalité de moitié sans avoir recours à la psychiatrie. En Italie où les hôpitaux psychiatriques ont été en bonne partie fermés, les crimes déments sont beaucoup plus rares qu’en France. Il est temps de réagir et de protester contre ce projet, non pas par idéologie, mais avec responsabilité, pour que nos enfants puissent vivre dans un monde plus sûr et plus libre.
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