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Archive pour mars 2010

Plus de 2% des jeunes Français sous psychotropes

Le Point.fr janvier 2010

Une étude récente publiée dans BMC psychiatry conclut que plus de 2% des enfants et adolescents français sont sous traitement psychotrope. On savait que les adultes français étaient champion en matière de consommation. On réalise désormais que leurs enfants sont également dans le peloton de tête en matière de consommation de psychotropes. Alors que l’on avait tendance à considérer que donner des pilules de l’obéissance était une « folie » des américains, il va falloir changer de point de vue et prendre conscience que la France est loin d’être épargnée.

56 000 DVDs sur les dangers des drogues psychiatriques

La CCDH envoie 56 000 DVDs à tous les médecins généralistes français pour les informer sur les dangers des drogues psychiatriques

Fin 2009, la CCDH a fait parvenir le DVD « Profits macabres » à tous les médecins généralistes français. Ce DVD expose les dangers des psychotropes largement prescrits dans notre pays et démontre que les laboratoires pharmaceutiques ne disent pas toute la vérité sur les effets secondaires de ces médicaments. De même, ce DVD dénonce le système de promotion à la fois des maladies et des traitements, système basé sur la collusion entre certains psychiatres et les entreprises pharmaceutiques.

C’est la première fois que les médecins généralistes recevaient une information totalement indépendante des labos sur un tel sujet. Les réactions à cet envoi ont été nombreuses et généralement très positives. Des médecins ont remercié la CCDH pour leur avoir permis de mieux comprendre un système dont ils sont effets.

La CCDH prépare actuellement un nouveau film plus spécifiquement consacré à la situation de la psychiatrie en France. Ce film qui va sortir en mars 2010 devrait être lui-aussi largement distribué à l’ensemble des médecins généralistes français.

Cauchemar

L’autre soir, un affreux cauchemar est venu troubler mon sommeil. Dans ce cauchemar, le Président de la République venait de signer le décret d’application d’une loi qui autorisait les psychiatres à venir chez moi pour me diagnostiquer et me droguer. Ils étaient maintenant trois à être arrivés dans ma maison et à se tenir au pied de mon lit. Ils me regardaient, l’air goguenard. L’un d’eux avait dans la main un livre intitulé DSM 5, Diagnostic Statistical Manual, et il répétait « ton compte est bon, ton compte est bon… ».

C’est vrai, je m’étais rué sur les dernières soldes 2 jours avant, n’ayant pas résisté aux rabais de 40% sur ma marque de chemises préférée. De plus j’avais le jour même passé plusieurs heures sur internet pour effectuer des recherches professionnelles. Mon compte était bon, il fallait que je paie pour ce comportement asocial. C’est le psychiatre à lunettes qui tenait le DSM dans sa main qui prononça ma sentence. « Trouble de l’acheteur compulsif, coupable , trouble de l’addiction à internet, coupable. Nous allons vous injecter le dernier neuroleptique retard de nouvelle génération. Vous baverez, vous prendrez 15 kilos et vous ne pourrez plus travailler. Mais grâce à nous, vous serez redevenu un bon citoyen. » Je me suis réveillé en sursaut quand la seringue me pénétrait le bras.

Horrible cauchemar s’il en est. Je me suis rendormi en me disant qu’une telle situation n’était pas envisageable. Quel Président donnerait davantage de pouvoirs aux psychiatres alors même que ces derniers ne cessent d’être stigmatisés pour leur incompétence ? Tout le monde sait bien que la plupart des crimes atroces commis ces derniers mois l’ont été par des personnes sous traitement psychiatrique et parfois relâchées des hôpitaux par des psychiatres qui les considéraient guéries. Un président ne confierait pas à des personnes notablement incapables des pouvoirs nouveaux pour contrôler les individus. Quant à ces diagnostics ridicules, aucun médecin sérieux ne pourrait considérer qu’ils ont la moindre justification médicale ou scientifique.

Mars 2009: le vrai réveil. Un projet de loi va bientôt être présenté au Conseil des Ministres. Il devrait créer une obligation de soins sans consentement en dehors des hôpitaux. Alors qu’après 10 ans de combat, la CCDH avait réussi à limiter le nombre d’internements psychiatriques dans les hôpitaux, voilà que tout citoyen pourra bientôt être forcé à suivre un traitement. Quels contrôles y-aura-t-il pour limiter les abus ? Très peu, et si comme pour les internements, les contrôles ne sont pas effectués (voir rapport de CCDH sur ce sujet), on peut véritablement craindre le pire.

Quant aux diagnostics farfelus, ils sont déjà là. Le DSM 5 va bientôt sortir avec sa liste de nouvelles maladies psychiatriques. De quoi nous trouver tous fous.

Devrait-on s’endormir ou plutôt réagir face à ce qui est bel et bien une menace pour nos libertés ? CCDH a décidé de se battre et a besoin du soutien de tous, politiciens, médecins, défenseurs des droits de l’homme ou simples citoyens. Chacun peut lutter à son niveau et empêcher le pire. Tous ensemble, nous pourrons sauvegarder nos libertés. Nous comptons sur vous.

Les internements psychiatriques en France

Les associations de patients félicitent CCDH pour la qualité de son rapport de synthèse sur les internements en France

Alors que l’État n’a pas publié de statistiques sur les hospitalisations sous contrainte plus récentes que 2005, la CCDH a publié un rapport de synthèse qui donne les chiffres précis des internements jusqu’en 2007. Pour ce faire, la CCDH a obtenu auprès de chaque Commission départementale des hospitalisations psychiatriques (CDHP) leurs rapports annuels et les a analysés. C’est ainsi qu’ont été calculés les chiffres officiels des hospitalisations sur demande d’un tiers et d’office jusqu’en 2007. L’association a également élaboré des tableaux comparatifs du nombre d’hospitalisations sous contrainte selon les départements. Ce rapport de synthèse constitue un document unique, ces données n’étant disponibles nulle part ailleurs. Il apparaît que les hospitalisations sous contrainte ont globalement baissé depuis 2003 avec 72975 internements en 2007 soit 6,79% de moins qu’en 2003. Les Hospitalisations sur demande d’un tiers (HDT) ont baissé de 9,41% sur la période tandis que les Hospitalisations d’office (HO) augmentaient sensiblement de 9,12%. Ces chiffres cachent d’importantes disparités selon les départements. Un habitant du Jura a par exemple 4 fois plus de chances d’être hospitalisé contre sa volonté qu’un habitant du Loir et Cher.

La CCDH s’est également penchée sur les contrôles des autorités dans les hôpitaux psychiatriques, en particulier les visites de procureurs, préfets et présidents des tribunaux de grande instance. Le constat est clair, ces visites ne sont pas faites dans la très grande majorité des cas.

Ce rapport de synthèse complet et sans concession a été transmis à diverses associations de patients dont certaines ont immédiatement félicité la CCDH pour son travail. Le Ministère de la Santé n’a quant à lui pas réagi, sans doute mal à l’aise de constater que la CCDH a effectué un travail qui aurait du être fait au niveau ministériel.

Ce rapport est consultable sur le site www.ccdh.fr

Augmentation des ventes d’antipsychotiques depuis 2001

Les antipsychotiques sont les psychotropes dont les ventes ont connu la plus forte progression depuis 10 ans. Pour quelle raison ? Il y a dix ans, des psychiatres travaillant pour l’industrie pharmaceutique ont commencé à promouvoir le diagnostic de trouble bipolaire, un terme qui n’était quasiment jamais utilisé auparavant. Résultat, le nombre de diagnostics de bipolaire a augmenté de 4000% et certaines études affirment qu’une personne sur 10 est bipolaire contre 1 sur 1000 il y a 30 ans. Le trouble bipolaire est traité officiellement avec des antipsychotiques. Le psychiatre Joseph Biederman, qui a été l’un des principaux promoteurs de ce diagnostic, a fait l’objet d’une enquête du Sénat américain parce qu’il n’avait pas déclaré une somme de 1,6 millions de dollars reçus d’un laboratoire pharmaceutique.

Comment le marché du mal-être est-il devenu l’eldorado de la psychiatrie « moderne »

La tendance à psychiatriser à outrance tous les aspects du comportement humain, dans une recherche frénétique pour le profit, est un phénomène soigneusement planifié ne devant rien au hasard. Pour le comprendre, il faut revenir au début de l’histoire. A Porto Rico en 1967, les plus éminents psychiatres du monde se sont réunis. Au programme, la psychiatrie du futur et en particulier les nouvelles molécules. Ces psychiatres savent que dans les années qui suivront, de nouvelles molécules seront disponibles et ces molécules seront à même d’altérer certains points précis du comportement humain. Le psychiatre Nathan Klein, très célèbre à l’époque, avait déclaré lors de cette réunion : « la consommation de psychotropes est faible en comparaison du nombre de substances chimiques qui seront disponibles pour contrôler certains aspects de la vie de l’homme dans les années 2000 ». A peu près à la même époque, le dirigeant d’une des plus grosses firmes pharmaceutiques au monde confiait au magazine Fortune son désespoir de voir le marché potentiel de sa société confiné aux seuls malades. Ce dirigeant, le directeur de Merck, Henry Gadsden déclara qu’il rêvait depuis longtemps de produire des médicaments destinés aux…bien portants . Les intérêts étant convergents, le pacte du diable entre psychiatres et compagnies pharmaceutiques va alors se sceller autour d’une question assez effroyable : puisqu’il y aura de nouvelles molécules disponibles, comment va-t-on pouvoir justifier l’emploi et donc vendre ces molécules au grand public ?

La réponse a été vite trouvée : en transformant certains comportements humains susceptibles d’être chimiquement modifiés en maladie. Pour cela, c’est l’arme du marketing qui a été utilisée.

A Manhattan, Vince Parry représente le nec plus ultra du marketing mondial. Expert en publicité, il s’est spécialisé dans la forme la plus sophistiquée de la vente de médicaments : il s’emploie, de concert avec les entreprises pharmaceutiques, à créer de nouvelles maladies. Dans un article étonnant intitulé « l’art de cataloguer un état de santé », Vince Parry a révélé les ficelles utilisées par ces firmes pour « favoriser la création » de troubles médicaux, et psychiatriques en particulier. Dans ce domaine de la psychiatrie, les frontières qui séparent le « normal » de l’ « anormal » sont subjectives et souvent très élastiques. Mais ce qui ressort, c’est que plus on élargit la définition d’une pathologie, plus cette dernière touchera de « malades » potentiels, et plus vaste sera le marché pour les fabricants de pilules. Ainsi, la technique consiste à élargir la définition des maladies, en se gardant bien d’expliquer les causes de ces subites épidémies. A partir d’une définition élargie susceptible d’embrasser un vaste public, plusieurs techniques marketing sont utilisées. La plus répandue est celle de la peur. Par exemple, on a joué sur la peur des suicides pour amener des parents à accepter de traiter leurs enfants et adolescents dès les premiers signes de dépression. On joue également sur la peur de l’échec scolaire pour justifier la mise sous ritaline d’enfants prétendus hyperactifs. Pourtant, certains des médicaments promus causent les dégâts mêmes qu’ils sont censés prévenir, les antidépresseurs ayant par exemple comme effets secondaires les risques suicidaires.

Un paradoxe trop peu connu qui est vite passé sous silence face aux gigantesques campagnes de promotion auxquelles d’éminents psychiatres participent.

Que pèse la santé des individus face à une telle armada ? L’État peut-il protéger les citoyens face à de telles dérives ? Rien n’est moins sûr. Le poids des compagnies pharmaceutiques sur l’économie et leur influence dans les médias les protègent contre toute tentative de contrôle. En vérité, seule l’information individuelle est à même de protéger les citoyens. Seul un individu informé sera capable de décider si son avenir sera chimiquement déterminé ou s’il pourra rester libre et garder sa raison.

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