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Archive pour mai 2009

Dans la France entière ce samedi 23 mai: grand succès de la journée d’action contre les abus psychiatriques

25 manifestations devant des hôpitaux psychiatriques et 7 rassemblements dans des centre villes ont eu lieu pour dénoncer les abus psychiatriques. Cette journée était organisée par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme. 2 diffusions sur des télévisions régionales, 15 annonces radios, 6 interviews radios et au moins 6 articles de presse écrite (2 autres en attente), tel est le bilan médiatique de la journée dont vous trouverez la liste des manifestations ci-dessous.

Le slogan de la journée était : “Trop de morts à cause de la psychiatrie et de ses traitements. Ça suffit !

La psychiatrie a été au bout de son irresponsabilité. Les meurtres commis par des patients hospitalisés ou sous traitements psychiatriques ont été trop nombreux ces derniers mois :

- à Grenoble, un patient hospitalisé d’office tue le premier passant qu’il croise
- un député sous traitement tue sa maîtresse puis se suicide
- un déséquilibré suivi en psychiatrie tue deux bébés et une assistante maternelle en Belgique.
- un jeune élève de lycée se lève et poignarde son professeur.

Ce ne sont que quelques exemples et c’est déjà trop. Qui pourra dire que les psychiatres et leurs traitements n’ont pas de responsabilité dans tous ces faits divers horribles ?

C’est avec détermination que des membres et sympathisants de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme ont manifesté ce samedi dans toute la France pour dénoncer cette psychiatrie irresponsable qui a trop de sang sur les mains et qui fait peser honteusement ses fautes sur le seul manque de moyens.

Le gouvernement va-t-il continuer longtemps à subventionner une discipline qui n’assume pas ses responsabilités et qui ne se réforme pas ? 15 milliards d’euros de budget, c’est beaucoup et on en rajoute régulièrement ; 70 millions supplémentaires depuis le début de l’année, en partie pour créer des chambres d’isolement, l’équivalent des mitards de la prison, avec encore moins de contrôle sur ce qui s’y passe que dans les établissements pénitentiaires.

Et le pire risque de venir. Les manifestants s’opposent avec force à tout projet de loi qui risquerait de créer un système permettant d’obliger un individu à recevoir un traitement à base de drogues psychiatriques au moindre écart de comportement. Si les manifestants comprennent le souci sécuritaire du chef de l’État, ils ne peuvent accepter qu’une telle loi, actuellement à l’étude, ouvre la porte à la mise sous camisole chimique d’une part toujours plus importante de la population.

Une entrevue a été demandé à Madame la Ministre de la Santé sur ce sujet, en espérant que rien de définitif n’ait été entrepris allant dans le sens d’une telle loi.

Quoi qu’il en soit, les manifestants ont voulu montrer leur ras-le-bol et aussi leur vigilance face au développement d’une psychiatrie irresponsable.

Lieux et horaires des manifestations:
Hôpital Sainte Anne à Paris
Hôpital Pitié Salpêtrière
Hôpital Corentin Celton à Issy les Moulineaux
Hôpital Saint Antoine, Paris 12 ,
Hôpital Maison Blanche, Neuilly sur Marne
Hôpital Ville Evrard, Neuilly sur Marne
CH Paul Guiraud à Villejuif
EPSM de Plaisir, Yvelines
CH Mignot, Versailles, Yvelines
Grand rassemblement Place Beaubourg

Rhône Alpes:
CHS Saint Egrève à Grenoble
CH le Vinatier à Lyon
CH Bassens à Chambéry
CH Seynod, Haute Savoie
CH de Feurs
CH de Montbrison
CHU de Saint Etienne
rassemblement Place de France à Saint Etienne

Auvergne:
Hôpital Sainte Marie à Clermont Ferrand
Rassemblement Place de Jaude à Clermont

Aquitaine:
CHS Charles Perrens à Bordeaux
CHS Cadillac
CHS Montpont Menesterol (Dordogne)
rassemblement en centre ville Bordeaux

Midi:
CHS Gérard Marchand à Toulouse

Côte d’Azur:
CH Antibes-Juan les Pins, Fontonne
rassemblement Promenade des Anglais à Nice, et à Antibes au pied du Fort Vauban

Ouest:
CHS Sainte Gemmes
Centre ville Saint Nazaire
Centre ville Nantes

Est:
CHS Bavilliers, Belfort
CHS Rouffach, Haut Rhin

Pour tout renseignement, contactez la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme au 01 40 01 09 70, par mail à ccdh@wanadoo.fr.

Paris le 18 mai 2009: La Ministre de la Santé ridiculise la psychiatrie

En annonçant que les transsexuels ne sont pas des malades mentaux, Madame Bachelot, Ministre de la santé, a montré clairement que la psychiatrie n’était pas une science. Elle a anéanti les prétentions des psychiatres qui tentent depuis de nombreuses années de convaincre que leur discipline est une branche de la médecine comme une autre et que la maladie mentale est aussi une maladie comme une autre.

Madame la ministre a clairement montré que la maladie mentale était une question uniquement politique. C’est le ministre de la santé qui décide si un comportement est une maladie ou non ! On est à l’opposé d’une démarche scientifique et cela jette un pavé dans la mare. La psychiatrie est politique par nature, comme le disaient de nombreux anti-psychiatres des années 1970 et en particulier le psychiatre américain Thomas Szasz, auteur du célèbre « Mythe de la maladie mentale ».

A l’heure où l’on attaque les psychothérapeutes pour leur soi-disant manque de formation scientifique, il est intéressant de noter que la psychiatrie n’a rien de scientifique et que les psychiatres ne devraient pas bénéficier du titre de psychothérapeute.

Imaginerait-on le ministre de la santé décider si la grippe porcine ou le diabète sont ou non de vraies maladies ? Non bien entendu, cela n’a aucun sens.

La CCDH demande donc que les psychiatres ne puissent utiliser le titre de psychothérapeutes tant qu’ils n’auront pas amené les preuves du caractère scientifique de leur discipline.

Pour tout renseignement, contacter l’association au 01 40 01 09 70.

Bilan d’une institution psychiatrique dans la tourmente

Les trois maux de l’institution psychiatrique sont :

  • le manque de résultat
  • le manque de responsabilité
  • le manque de contrôle

Ces trois maux sont apparus au grand jour et à plusieurs reprises en 2008.

Le manque de résultat a été particulièrement mis en avant par l’actrice Sandrine Bonnaire avec la sortie en janvier 2008 du film « Elle s’appelle Sabine », consacré à sa sœur autiste, la montrant avant et après un passage en psychiatrie aux effets qui ont semblé ravageurs.

On se souvient de la une du journal Libération du 29 janvier 2008, le J’accuse de Sandrine Bonnaire: « Ma sœur a été endormie, enfermée, droguée, et tout cela a servi à quoi ? »

Le bruit fait autour de ce film a attiré tous les regards vers l’institution psychiatrique. Une loi a finalement été votée dans laquelle il a été admis qu’il pouvait y avoir de meilleures solutions que l’hôpital psychiatrique pour les autistes.

Une porte a donc été ouverte par les familles d’autistes et il est plus que probable que d’autres associations de patients ou de familles de patients (Alzheimer, schizophrène) vont s’y engouffrer et demander une prise en charge plus adaptée que ce qu’elle peut être en hôpital psychiatrique. Est-ce là le schéma (des prises en charge non psychiatriques différenciées par catégories de pathologies) qui marquera la fin véritable de la psychiatrie asilaire ?

Une autre affaire a particulièrement touché l’hôpital psychiatrique en 2008. Il s’agit du meurtre commis par un patient du CHS de Grenoble en novembre dernier. Ce meurtre gratuit et sauvage a été commis par un patient en hospitalisation d’office mais dont la dangerosité avait été sous évaluée par les médecins de l’hôpital. L’émotion populaire fut énorme avec, peut-être pour la première fois avec cette ampleur, un sentiment de colère envers l’établissement psychiatrique. Le directeur, ayant affirmé un peu vite que son établissement n’était pas responsable, fut relevé de ses fonctions par le gouvernement.

Le Président de la République s’est emparé du dossier et a annoncé diverses mesures pour (ou contre?) la psychiatrie : une enveloppe de 70 millions pour la rénovation des bâtiments et la sécurisation des établissements, la création de nouvelles chambres d’isolement (sans que l’on sache très bien s’il s’agit de remplacer des chambres existantes ou d’en créer de nouvelles), la création de plus de places de sécurité renforcée pour les patients dangereux, enfin une réforme de la loi de 1990 en particulier sur les conditions de sortie.

Que retenir de cette situation:

  • un sentiment que la psychiatrie est plus que jamais un outil et l’hôpital psychiatrique un lieu de répression, mais qu’il y a eu défaillance dans cette mission répressive. (Le Président a parlé de manque de résultats.)

  • Qu’il existe désormais une attention plus soutenue de la part de l’État envers un secteur pour lequel ce rapport montre qu’il y avait un certain désintérêt.

  • Que de nouvelles exigences se font jour en matière de service rendu par l’hôpital psychiatrique à la société, et aussi en matière de qualité de prise en charge.

On ne pourra pas s’en plaindre, et cela passera nécessairement par davantage de contrôle et de suivi.

Monsieur Sarkozy a déclaré qu’il « faudrait que l’on puisse être fier de l’hôpital psychiatrique ».

Pour cela, il faudrait déjà savoir ce qui s’y passe et ce rapport réalisé par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme s’inscrit dans cet objectif d’intérêt général.

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